 Se promener dans la ville du Faou, permet de découvrir une petite cité de caractère, ayant conservé quelques très belles demeures à encorbellement du XVIe siècle.La cité tient sa longue histoire et son riche patrimoine de sa situation exceptionnelle, au fond d'une des nombreuses rias de la rade de Brest. La création de la ville remonte au Xl ème siècle. 23 maisons sont protégées et une classée. La rue principale est bordée de maisons à encorbellement datant du XVI ème siècle ; elles sont bâties de schiste et de granit, revêtues d'ardoises et coiffées en façade d'un haut pignon. La magnifique église du XVI ème siècle, au fin clocher renaissance est construite face au port. A voir dans l'église la cuve baptismale du XVI ème siècle, unique en Bretagne par la richesse de sa sculpture.
Port actif de cabotage et de construction navale, ancien relais de poste aux chevaux, station des haras d’Hennebont… Le nom de l'ancienne cité féodale (en vieux français fau ou fou) vient probablement du latin Fagus "hêtre" et la forêt du Cranou qui en contient n'est pas loin ! Les années qui suivirent la guerre de 14-18 sonnèrent le déclin de l'activité portuaire avec l'arrivée de l'automobile et le développement des camions. Un chenal permet toujours aux gros bateaux d'arriver au port, louvoyant entre les nombreux bancs de vase mais gare à celui qui s'écarte des balises.
forêt domaniale du Cranou (650 ha)
Le Cranou aux mille trésors, aux mille beautés, fut chanté par Léontine Drapier-Cadec,
la Marine de Brest ne jette son dévolu sur cette forêt de 625 hectares. Créé en 1631, l'arsenal de Brest se fournira en bois, au Cranou, à partir de 1683. A la demande de la Marine, le duc de Richelieu, vicomte du Faou et propriétaire des lieux, en confie la gestion à un nommé Valentin qui fera rapidement faillite obligeant l'intendant de la Marine à modifier le système d'exploitation et à fermer, en 1688, une verrerie qui n'avait pas fonctionné plus de quatre ans.
Devenu propriétaire de la forêt en 1701, le roi Louis XIV la donne, l'année suivante, à la Marine de Brest qui la gère jusqu'en 1828, en y plaçant un commissaire et des « écrivains » (comptables). Tenant 35 registres différents, le régisseur habitait au manoir du Cranou, une demeure de quinze pièces, aujourd'hui disparue et vraisemblablement construite par l'un des vicomtes du Faou avant la cession à la Marine.
Les Eaux et Forêts succèdent à cette dernière, en 1829, fournissant le port de Brest jusqu'en 1866. Les appellations changent, la gestion demeure. Depuis 1966, l'O.N.F. remplace les Eaux et Forêts. Intense à la fin du XVIIe siècle, l'exploitation du Cranou répondait à la volonté souveraine d'augmenter sa flotte. La construction navale était rythmée par les conflits. Il faut rappeler que pour un règne de 54 ans, le roi Louis XIV fut en guerre pendant 29 ans. Après une période d'accalmie et de plantations, la forêt fut à nouveau très exploitée pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763) et l'époque révolutionnaire. Et les intendants d'écrire que « sans le secours des bois du Cranou, tous les travaux auraient été suspendus... ». Chaque hiver, des milliers de pieds-cubes étaient transportés jusqu'à la grève du port du Faou, stockés dans un grand champ voisin loué par la Marine à l'hospice du Faou. Sous la vigilance des comptables, toutes sortes de pièces de bois, équarries selon les besoins de l'arsenal, étaient chargées sur des gabares et expédiées à Brest dès que les marées le permettaient.
Rumengol (3km du centre du Faou)
 Haut lieu de pèlerinage, son église du XVI siècle est bâtie sur un sanctuaire élevé par le Roi Gradlon et Saint Guénolé sur les restes d'un autel druidique. Le jour de la Trinité et le 15 août, les pardons sont dédiés à la Vierge, Notre-Dame de Tout Remède (Remed oll). On peut admirer son clocher à la flèche octogonale hardie et gracieuse, et à l'intérieur des retables du XVII siècle.
Rumengol aurait été un centre religieux où affluaient les Occismii, avant la prédication de la foi chrétienne et avant les émigrations bretonnes. Sous les ombrages mystérieux de la forêt du Crannou, on y aurait célébré, à l'époque du solstice d'été, les pratiques druidiques si bien résumées dans les vers de Lucain : «Vous apaisez par des flots de sang humain Teutatès, l'impitoyable : druides, reprenez vos rites barbares, vos sanglants sacrifices. Les bois profonds sont vos asiles». De ces vers du poète latin le cantique si populaire de N. D. de Rumengol, s'est fait l'écho en disant :
Var ar men ruz e skuillet goad,
Hag er C'hrannou e kreiz ar c'hoat,
A zindan derven Teutatès,
Tud veze lazet eb truez.
Sur la pierre rouge, en tuant sans pitié vous apaisez Teutatès au milieu de la forêt du Crannou
Les premiers missionnaires chrétiens n'auraient donc fait que christianiser un mouvement préexistant, en élevant sur un lieu de superstitions païennes une église dédiée à la Trinité et à la Vierge Marie. La célébration du pardon à l'époque de la Trinité est un indice presque certain de son antiquité.
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